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Polichinelle fait-il bien rire? Clin d’oeil au XIXe siècle.

Brigitte Battel



« […] Pan ! qu’est-ce qu’est là ?
C’est Polichinelle que v’là !
À vous faire rire,
Mes enfants, il aspire,
Jeunes et vieux,
Ceux qui rient sont heureux […] »

« Polichinelle dit la vérité en riant, vous le savez !1»

Il est convenu de considérer divertissant le théâtre de marionnettes, ces « boîtes rouges » où Guignol et Polichinelle 2tempêtent et qui se transforment en véritables « auvents de rire clair »3. Toutefois, si nous nous penchons sur le XIXe siècle4, nous constatons que cette vision monolithique, toute extérieure, est erronée. Les travaux5 de recherche entrepris jusqu’à présent et l’échantillonnage que nous avons pu consulter affublent à Polichinelle des rôles bien disparates qui se jouent à travers une multiplicité de genres (littérature de jeunesse, opéra-comique, drame-pantomime, nouvelle, poésie, presse, etc.) et qui dépassent largement celui de sempiternel baroudeur bossu, distribuant injures et coups de bâton6.
Qu’il s’agisse du personnage cynique, sans foi ni loi, qui se compromet avec le Diable, ou du riche et noble mari qui se transforme la nuit en Polichinelle sur la scène d’un opéra-comique7, du Vampire qui hante les ballets8 du Théâtre de la Porte-Saint-Martin, du bienfaiteur qui, dans les pantomimes féeries9, grâce à prodiges et miracles, aide les amoureux à se retrouver en éloignant les prétendants tyranniques, le rire, tout compte fait, y a une place restreinte et repose sur un spectacle vu et entendu simultanément, ce qui favorise d’emblée la complicité et l’interaction entre spectateurs et acteurs. Il n’y a pas de grande différence avec le spectacle de la rue où, face à des situations cocasses, inattendues et bizarres, le rire fuse immédiatement et souvent se partage.
L’espace textuel, lui, réussit-il à obtenir les mêmes effets10, en traduisant l’image, le son, la mimique ? Quelles sont les stratégies narratives de ce comique fictionnel?
Notre étude, loin d’être exhaustive, se limitera à quatre textes de la littérature de jeunesse ou plutôt de la “littérature d’éducation” selon l’expression de Francis Marcoin11, construits sur le même a priori culturel :

Vous avez tous vu, mes enfants, le théâtre où Polichinelle, à la voix nasillarde, distribue des coups de bâton à tout venant : à droite, à gauche, à la force armée, au commissaire de police, au diable lui-même et ne rentre dans sa tente qu’après avoir jonché le plancher de cadavres12!

Ce corpus (Adrienne de Frêne, Polichinelle en vacances13; Octave Feuillet, La Vie de Polichinelle et ses nombreuses aventures14; Frédéric Jacquier, Polichinelle ou histoire vraie et authentique d’un petit prince impérial chinois15; Anonyme, Polichinelle en voyage16), parfois accompagné de gravures ou d’illustrations, devrait suggérer quelques pistes et évaluer le degré de comique qui s’y manifeste.
Certes, les personnages rient de Polichinelle ou grâce à Polichinelle : il y a le rire spontané de spectateurs qui découvrent Polichinelle dans une position insolite et ridicule indépendante de sa volonté17, il y a le rire que Polichinelle intentionnellement élabore à l’usage de ses spectateurs18, il y a le rire de Polichinelle lui-même, satisfait de ses tours19. Mais le narrataire ou le lecteur virtuel rit-il pour autant ? A-t-on la même perception dans et hors du texte ?

1. Histoire(s) de rire…

a. Les déformations

Evidemment Polichinelle conserve son aspect traditionnel. Il reste tel que les enfants le connaissent :

ce n’était pas un spectacle ordinaire que la vue de Polichinelle, avec ses deux bosses éclatantes, son habit collant, rouge d’un côté, jaune de l’autre, ses sabots ponceau et son chapeau doré à haute forme, cavalcadant d’un air digne sur un ânon20

Les éléments descriptifs portent sur la voix, l’habillement, l’allure21 mais ce sont les formes du corps et du visage qui assument un relief particulier. Le comique de formes et de mouvement dont parle Bergson22 trouve ici une place privilégiée et la surenchère de l’écriture emphatise la description en associant bossu23-gaieté comme dans certaines expressions ou locutions. La fréquence de rire comme un bossu en est un exemple. Chez Jacquier, les bosses sont une épiphanie cosmogonique :

[…] sur son dos et sur sa poitrine apparaissent deux énormes montagnes ; ses habits se tailladent d’une manière bizarre, sous mille couleurs différentes ; sa tête se couvre d’un chapeau tricorne ; ses yeux se fendent ; ses joues se creusent ; sa voix ne rend plus qu’un son aigu ; son nez se voûte en bec de corbeau ; ses oreilles s’allongent en des proportions démesurées ; ses jambes grêles ont peine à le porter et battent le briquet ; enfin, son menton, dit menton de galoche, devient long, pointu et recourbé.24

La métamorphose de Po-Li mime la création du monde : des mouvements sismologiques en profondeur et en largeur modèlent un paysage difforme et gigantesque par le biais d’une série de phrases indépendantes juxtaposées où chaque partie du corps subit une transformation profonde.
La description de Feuillet mise sur la litote et l’antiphrase dans la première partie de la phrase tandis qu’elle glisse vers l’hyperbole dans la seconde, par le truchement de relatives, accentuant ainsi par ce contraste syntaxique les défauts physiques :

Les yeux d’une mère sont indulgents, et ce n’est pas à une bosse de plus ou de moins qu’ils trouveront jamais à redire. Or, ce joli enfant n’en avait que deux, une sur l’estomac en forme de virgule, l’autre sur le dos, se dressant, pour faire contrepoids, en forme de point d’exclamation. Quant au visage il n’avait rien en soi de choquant, si ce n’est que le nez affectait la figure d’un bec de perroquet, dont la courbe venait rejoindre un menton crochu, avec lequel elle formait une manière d’arcade au-dessus d’une bouche large comme une porte25

Ici les images renvoient avec humour au quotidien et à l’intimité de la famille, s’inspirant à des éléments du monde connu (l’apprentissage de l’écriture et de la ponctuation, le perroquet, la porte).
Les mêmes procédés descriptifs (amplification, difformité) inspirent la caricature de personnages secondaires comme Fanfreluche ou le Capitaine chez qui les comparaisons explicites en série soulignent l’excessive protubérance du nez, son caractère à la fois rigide et agressif:

[…] ce nez, en effet, n’était point de ceux qui courent les rues, et qu’on peut oublier après les avoir vus une fois ; c’était un nez tropical, dont on pouvait dire qu’il arrivait toujours un quart d’heure avant son propriétaire, tant la longueur en était mirifique. Il s’élançait, mes amis, tout droit devant lui comme un trait d’ arbalète, comme un canon sur son affût, comme un brancard de voiture, et son extrémité était rehaussée d’une verrue en vedette, sur laquelle croissaient trois poils rouges relevés en panache vers le ciel.[…]26

b. Les gags visuels

Les scènes comiques ont pour protagonistes aussi bien Polichinelle que ses victimes et se fondent soit sur l’accident ou l’erreur involontaire (Polichinelle monté sur un âne, en route pour l’Italie, renverse paysan et garde champêtre27; il s’enfuit à califourchon d’un chien ; se retrouve attaché au haut d’un pommier, ou attaqué par le coq d’une basse-cour où il terrorise « poules, poussins, canards, lapins »28; agressé par les dindons et chargé par une chèvre furieuse dont il a délogé la nichée), soit sur l’“accident prémédité” ou l’erreur provoquée: ainsi poursuivi par un gendarme, Polichinelle lui attache les éperons avec les crins du cheval

le militaire voulut me rattraper mais – patatras – il tomba à terre pendant que je m’éloignais à toutes jambes en riant comme un bossu29.

En outre, comment oublier la scène du Seigneur Bugolin se mouchant dans la chemise du Roi ou celle des douze académiciens dont les perruques s’envolent, emportées par les pigeons que Polichinelle vient de lâcher30!
Un mouvement désordonné, scandé, saccadé, répété à l’infini peut être à l’origine du rire dans la mesure où il mécanise un geste, le raidissant et le déshumanisant (Polichinelle se déplaçant comme une toupie sur sa bosse) et cet aller-retour entre l’humain et le mécanique crée un effet de surprise, tout comme cela se produit lorsqu’on juxtapose les contraires ou les extrêmes (haut/bas, loin/près) : Polichinelle projeté dans un ballon malgré lui qui, l’instant d’après, tombe au fond de la mer dans un filet de pêcheur surprend par la rapidité et le raccourci de l’action et son caractère illogique. Plus la manipulation des catégories de l’espace et du temps et l’interchangeabilité des qualités sont exagérées, contreviennent au bon sens et s’éloignent de la vraisemblance, plus le dépaysement comique est grand.

c. Les analepses

La Vie de Polichinelle se veut une biographie complète. On y parcourt, à travers douze chapitres, toutes les aventures du protagoniste depuis sa naissance à Naples jusqu’à son arrivée aux Champs-Elysées. Cette progression chronologique, tout en étant un plongeon dans le passé, n’établit pas de limite définitive mais au contraire échafaude un présent qui s’éternise. Les qualités du personnage y sont amplement illustrées : malgré sa laideur et la dérision dont il est l’objet, Polichinelle réussit par l’intelligence et l’étude, la détermination et une juste dose d’amour propre, à obtenir d’importants succès et une immense popularité. Son épopée se développe à la manière d’un conte philosophique : l’apprentissage de la méchanceté humaine fonde une morale compensatoire.
Au lieu de conserver comme Octave Feuillet un minimum d’ancrage historique (origine napolitaine de Pulcinella), Jacquier opte pour le dépaysement total et imagine une histoire asiatique pour expliquer la difformité physique et la gibbosité : Polichinelle n’est autre que le fils d’un empereur chinois, puni par une fée pour sa paresse et sa désobéissance.
Une parenthèse à rebours structure aussi Polichinelle en vacances puisque ce sera le récit des mésaventures de Polichinelle avant qu’il ne tombe dans la rivière et ne soit repêché par Léon. Quant à la seule aventure qui prévoit un parcours en avant, elle équivaut à une feinte prolepse puisque Polichinelle utilise à l’envers l’épingle d’or magique, au point de se retrouver à la foire St-Germain au lieu de l’Espagne et son petit-fils qui l’a trouvée n’a pas plus de chance de sortir de son rôle, vu qu’il navigue entre Clamart et Auteuil!
Dans la plupart des cas, le recours à l’analepse rapproche ces historiettes de la fable, implicitement inaugure le récit par un « il était une fois » ; le milieu social (rois, princesse, empereur), l’intrusion de la magie et du surnaturel 31corroborent cette hypothèse. Pourtant, les enseignements moraux et les prises de position réitérées contre l’insubordination, la paresse, l’ingratitude, l’irrespect de l’autorité, la malfaisance introduisent au premier plan la raison et le jugement passent par le biais d’une structure dialogique.
Le narrateur extradiégétique ne manque pas d’interpeller directement ses interlocuteurs « petits enfants », « vous, mes enfants », avec la claire intention à travers un récit exemplaire d’illustrer une morale et d’inculquer une bonne éducation, à se demander parfois si les véritables destinataires sont les enfants ou les parents32; lorsque le narrateur omniscient met en scène deux personnages (Polichinelle/Léon) dont les rôles s’opposent comme dans Polichinelle en vacances, il double son discours moralisateur. Léon décrit, résume, juge et commente les actions de Polichinelle. La structure du texte, découpée en quatre chapitres (Le sauvetage, Au voleur !, La chèvre, La punition), met au centre le récit de Polichinelle, lequel prend un certain plaisir à évoquer ses mauvaises actions sans que le moindre repentir l’effleure ; au contraire, il affiche à tout moment son mépris et son insolent égoïsme. Une fois son récit terminé, « il chercha dans sa tête quelque moyen de faire un mauvais tour »33. Le retour au présent coïncide avec la reprise du schéma initial : Polichinelle à nouveau tombe à l’eau, pris à son propre piège. La punition cette fois est fatale puisque le père prend le relais pour “mettre à mort” la marionnette

Assez de dévouement, assez de bontés, mon ami, pour un être ingrat et méchant. […] Que Polichinelle subisse son sort et qu’il soit puni comme il le mérite. Si sa tête seule était coupable et que son cœur fût humain, généreux et accessible à de bons sentiments, je t’aurais laissé essayer de le corriger ; mais c’est un ingrat et l’ingratitude, tu le sais, est le pire des vices. La reconnaissance est complètement inconnue à ce mauvais sujet. Le mal d’autrui le rend heureux : nuire est sa principale satisfaction. Quand c’est le cœur qui est vicié au fond, on n’en guérit jamais. Que la rivière l’emporte donc bien loin et plaise à Dieu que personne ne le repêche !34

Avec un tel dénouement, où donc est passé le rire ?...
Les deux niveaux narratifs que l’architecture textuelle instaure, associée à une univocité de jugement35, créent un écart impossible à combler. C’est dans cet écart que se situe le comique. L’alternance des points de vue dans le développement de la narration juxtapose un double registre (sérieux de la part du narrateur ou de ses porte-parole/comique de la part de Polichinelle) qui, d’un côté fixe une morale, de l’autre transgresse cette même morale. Il ne peut pas y avoir ambiguïté, Polichinelle enfant terrible est rigoureusement puni, selon la logique du voleur volé qui consiste à appliquer la loi du talion. Dans le cas inverse (Polichinelle détenteur de ons sentiments contre Bugolin ou Ronflart), il en va de même : l’antagonisme est insoluble et la culpabilité du clan des ambitieux, des voleurs, des brutaux est évidente, ils font rire !
Je ris parce que je reconnais, dans ce type de résolution esthétique, une contradiction irréductible, une différence de comportement. Et l’intensité de mon amusement est d’autant plus forte que le coupable s’obstine dans ses erreurs et compromet irrémédiablement une possible conciliation, à savoir au niveau structurel un éventuel rétrécissement, voire la suppression, de l’écart. Les farces de Polichinelle ou les méchancetés des hommes apparaissant sous une loupe grossissante sont autant d’estampes-exemples à bannir.
Le « différentiel de conscience »36 dont parle Genette répond à la stratégie narrative que nous avons analysée, finalisée à l’éducation morale des enfants. Cela n’empêche pas le plaisir du texte, de son écriture comme de sa lecture. Hypocrisie de l’auteur ? du lecteur ? Y a-t-il complaisance à imaginer d’enfreindre, par des transgressions en série, certaines normes sociales ? Il n’en reste pas moins l’épreuve finale plus ou moins rude – la punition - qui rétablit l’ordre des choses et satisfait le besoin naturel d’une justice valable pour tous qui s’acquiert grâce au pouvoir cathartique du rire

[…] Puissiez-vous dire : bénie soit la main qui nous aime assez pour nous bien châtier lorsque nous l’avons mérité !37

2. “Mise à mort” pour de rire ou pour de vrai?

Les histoires que nous avons sélectionnées à la fois gravitent autour d’un cliché et s’en éloignent. En effet, le Polichinelle dont les aventures nous sont rapportées c’est le Polichinelle qui, par amertume, abandonne l’ingrate Italie, qui ne fréquente plus les tréteaux de Paris, qui a l’intention de fuir Guignol, qui n’existe pas encore !
Les “blancs” d’une biographie, les écarts du “canevas” deviennent des fictions en mouvement, des occasions de voyages et d’expériences, renouvellent la curiosité en nous faisant pénétrer dans des coulisses inconnues et découvrir une part d’intimité ou des tranches de vie qui échappent au spectacle traditionnel.
Nous avons vu les auteurs concentrer leur imagination dans ces marges et y professer une morale bourgeoise bien-pensante.
Si la mise au ban ou la “mise à mort” de Polichinelle est dans la littérature d’éducation (ou du moins dans celle que nous avons pu découvrir) ressentie comme un bienfait et une solution socialement correcte, elle provoque au contraire l’indignation et la contestation au niveau politique. C’est en effet le représentant du peuple qui disparaît et avec lui les droits fondamentaux de l’homme et du citoyen.

[…] Je voudrais cependant montrer jusqu’à quel point des marionnettes bien dirigées, et dont une tradition respectueuse a lentement consacré l’autorité morale, pouvaient influer en temps et lieu sur la police des Etats, et protéger contre la tyrannie la plus insolente les saintes libertés de la pensée.38

De fait, nous nous trouvons en présence de deux Polichinelle : malgré leur ressemblance et leur contemporanéité, bien que tous deux fassent rire, ils nous mettent face à une situation paradoxale. Polichinelle vagabonde et viole allègrement la morale et la bonne éducation, le voilà puni et condamné à amuser les enfants ; Polichinelle s’agite et fulmine dans sa boîte sans cesser de violer l’Autorité, le voici chantre des libertés « [disant] ce que personne n’ose dire. »39
Charles Nodier pour qui Polichinelle est éternel, invulnérable, polyglotte, cosmopolite, « insouciant et libre, en sa qualité de Polichinelle, du caprice et de la mauvaise humeur des rois40 » exclut toute intrusion dans le domaine privé :

Il ne consent à communiquer avec [la société] que du haut de sa case oblongue, et il se joue des vaines curiosités de la foule, qui le poursuivrait, sans le trouver, derrière le pan de vieux tapis dont il se couvre quand il lui plait. Les philosophes ont vu bien des choses, mais je ne crois pas qu’il y ait un seul philosophe qui ait vu l’envers du tapis de Polichinelle. […]41

Il n’y a donc pas d’exploitation possible de « l’envers du tapis » : Polichinelle incarne la révolte et séduit, adultes et enfants42, par son comportement instinctif.

La clientèle ordinaire de Polichinelle […]. C’est l’étudiant, fraîchement émoulu de sa province, qui rêve encore les douceurs de sa famille et les adieux de sa mère. Hâtez-vous de goûter sur son visage frais et riant l’expansion de son dernier bonheur ; demain il sera classique, romantique ou saint-simonien : il sera perdu ! – C’est le jeune député, patriote de conviction, honnête homme d’instinct, qui brave l’appel minimal pour venir méditer un moment avec Polichinelle sur les institutions rationnelles de la société. Loué soit Dieu qui l’a mis dans la bonne voie ! La tribune de Polichinelle lui apprendra plus de vérités en un quart d’heure que l’autre ne peut lui en désapprendre en une session. – C’est le pair déshérité qui descend de son cabriolet, devenu plus modeste, pour se former au mépris des grandeurs humaines par l’exemple de Polichinelle. Homme heureux entre tous les hommes ! il a perdu la pairie, mais il a gagné la sagesse. – C’est l’érudit cassé de travail que Polichinelle délasse et reverdit, ou le philosophe épuisé de spéculations inutiles qui vient, en désespoir de cause, humilier ses doctrines trompées aux pieds invisibles de Polichinelle.43

Ainsi le rire de Polichinelle relativise les passions et les ambitions ; il est l’expression d’une lucidité impitoyable et d’une digne simplicité de l’être. Les feuilles des journaux qui portent son nom – ici “Polichinelle ou la Vérité en riant” - déclarent ouvertement leurs opinions, non seulement sur les militaires ou les académiciens mais aussi sur les difficultés des cultivateurs ou la calvitie ; elles ne manquent pas de suggérer et de promouvoir une certaine philosophie de l’existence :

[…] Écoute Pierrot, si tu veux être heureux ici-bas, fais comme moi : ris et louvoye ! Tu te feras ainsi deux bosses : une sur le dos, une sur le ventre – celle de la philosophie et celle du savoir-faire. La vie, pauvre imbécile ! c’est l’art de ronger son frein en souriant jusqu’à ce que le mors soit enfoncé dans les plus fortes molaires44

[…] Depuis il a raisonné et en a tiré cette conclusion : - c’est que la terre est un rosier plus couvert d’épines que de fleurs et que le seul moyen de rouler sa bosse ici bas, c’est de s’en faire deux à force de rire. Aussi comme un bossu rit-il toujours ; vous le voyez, si les enfants rient de lui, les hommes l’écoutent45

Quel avenir pour ce Polichinelle que l’imaginaire littéraire (Dumas, Sand, Baudelaire46) tend à valoriser ?
Dès 1829, Jules Janin47 dénonce longuement (mais le passage en vaut la peine) les actions du Ministère, l’inquisition de la police et la censure exercée sur Polichinelle. La comparaison avec l’Italie vise à frapper le gouvernement français et à ridiculiser une opération qui témoigne de son inconsistance et de sa fragilité

Je le raconterai sans préparation, sans périphrase. Le ministère a proscrit Polichinelle ! Il a tué Polichinelle, tué sans pitié et sans remords. Polichinelle renfermé dans sa cage comme dans l’unité, Polichinelle dont l’habit était en guenilles, Polichinelle francisé, hébété, lourd, le Polichinelle du boulevard, ils ont trouvé que c’était un homme politique, ils ont imaginé que c’était une voix populaire ; ils ont tué Polichinelle ; ils ont proscrit son chat fidèle ; l’animal en chair et en os n’a pas trouvé plus de grâce que l’homme de bois ; ils ont fait à eux seuls, et en un jour, ce que n’ont jamais pu faire tous les princes d’Italie, ce que n’ont pas fait Gênes et Venise : ils ont tué Polichinelle ! Vous parlez de liberté de langage et de franchise d’opinion ; que nous sommes heureux d’avoir des lois bien faites ! sans la loi, que serait devenue la liberté de la presse sous un ministère qui a peur du Polichinelle vulgaire, du Polichinelle français ? Oui, l’Italie avec ses deux censures, l’Italie a échappé à cet outrage. Le peuple s’assemble sur la place, la noblesse et le peuple, le voilà ; il se joue de tout, il se moque de tout le monde ; il a des allusions et des noms propres ; il entre chez le secrétaire cardinal ; il se glisse comme Rabelais dans le palais du souverain pontife, il parle, il tonne, il éclate comme Rabelais ; il rit et il mord, et le malicieux Italien applaudit ces saillies si pleines de verve et de sel. Polichinelle égratigne à tort et à travers, à droite et à gauche, bien plus cruellement que Molière ; il réunit à la fois le proverbe de Sancho, la panse de Falstaff, le sarcasme de Pantagruel. L’Italie n’a pas besoin de journaux avec son Polichinelle, Polichinelle plus vieux que Dante, plus amusant que l’Arioste ! Avec Polichinelle, l’Italie n’a pas besoin d’une Chambre des députés ; elle se passe de comédie et d’acteurs ; elle se passe de tout. Insouciante et légère comme une nation qui a renoncé depuis longtemps à s’occuper de liberté, elle ne concevrait de révolution possible que si l’on exilait Polichinelle ou si l’on brisait Pasquin. Polichinelle et Pasquin, voilà la liberté que s’est réservée l’Italie, comme un roi qui se réserve un fief en abdiquant ; voilà pourquoi le Polichinelle italien est immortel ; c’est encore de la liberté.

Cet acte d’accusation dont le dessin de Charlet48 intitulé Enterrement de Polichinelle traduit la triste solennité de l’événement, semble annoncer et dénoncer un changement culturel. Janin, en précisant que Polichinelle est devenu en France un «jeu d’enfant, un spectacle d’oisifs, un gagne-pain de pauvre diable, une bataille contre les moulins à vent », sous-entend une dégradation du pouvoir de la marionnette et la déperdition de visées plus ambitieuses.
Comment ne pas évoquer, à ce propos, un conte de Jean Richepin49 ou une pantomime de Champfleury50 ? Si le premier récit laisse encore une chance à Polichinelle, le second la lui arrache définitivement. Le Môme à la mère Antoine oppose un quartier pauvre de la périphérie de Paris à celui du Grand-Opéra, à la veille de la Noël. L’enfant de huit ans, gravement malade, conserve le souvenir d’une promenade sur les boulevards :

[…] cette féerie, elle est restée dans les yeux et dans l’imagination du malade ; et toujours, depuis lors, il en a parlé avec des frissons de regret et de désir, en ouvrant toute grande sa bouche extasiée, en tendant ses maigres petits bras vers le mirage de toutes ces merveilles entrevues et inoubliables. Il y avait surtout là-bas, près de la place du Grand-Opéra, un superbe polichinelle, bariolé, doré, presque aussi haut que le bambin lui-même, et qui, lorsqu’on tirait la ficelle, secouait gaiement des clochettes et des grelots, levait les bras, écartait les jambes et vous regardait en même temps avec sa face enluminée et sa grimace quasi vivante.51

Polichinelle – porichinelle dans le langage d’une enfance brimée - n’est plus qu’un pantin de riche qui a perdu sa majuscule et dont la valeur est exprimée en francs, l’équivalent de trois mois d’économies sur la nourriture et les vêtements52.
Chez Chamfleury, il n’y a plus qu’un pantin inerte, un objet inanimé sans geste et sans parole, vidé de sa substance, occupant le coin d’une chambre. Le chat, d’abord méfiant, finit par se jeter sur lui et lui enfoncer les griffes dans la poitrine :

[…] Ainsi le chat s’est vengé sur Polichinelle des nombreux coups de bâton que délivrait dans sa baraque, depuis des temps immémoriaux, le terrible bossu à des animaux sans défense, et comme un triomphateur, il s’assied gravement sur le cadavre du vaincu.

Tout comme le chat, le Commissaire reprend ses droits et impose ses volontés : le dialogue poétique Chez Guignol de Théodore de Banville53 dresse la liste des fausses libertés de Polichinelle et aboutit à sa condamnation par antiphrase.
Nous assistons, sans que la chronologie permette d’établir une courbe fiable en vue d’une possible interprétation, à un appauvrissement non seulement du rôle mais du sens de Polichinelle, à un détournement de son engagement, comme s’il était victime d’une vengeance sourde.
Ni l’endroit ni l’envers du tapis n’assure à Polichinelle cette tapageuse sérénité que nous lui connaissions. Là où règne la littérature d’éducation, il plie sous la morale en vigueur ; là où on lui reconnaît des qualités supérieures, on le met à l’écart ou pire. De part et d’autre, on craint pour la société. Voilà un constat paradoxal pour une marionnette symbole de gaieté, passée dans la fiction. Pourtant, nous l’avons vu, le rire exerce une force dialectique et signifie dès qu’il est possible de décrire la place qu’il occupe dans les structures narratives et les procédés d’énonciation

[Le rire] exprime une imperfection individuelle ou collective qui appelle la correction immédiate. Le rire est cette correction même. Le rire est un certain geste social, qui souligne et réprime une certaine distraction spéciale des hommes et des événements54


Notes

↑ 1 Polichinelle ou la Vérité en riant, journal bourguignon paraissant deux fois par semaine, Dijon, mercredi 16 août 1854, 1er année.

↑ 2 Cf. Gaston Baty, René Chavance, Histoire des marionnettes, Paris, PUF, 1959. Rappelons simplement qu’en 1649, à Paris, Giovanni Briocci est devenu Jean Brioché et le burattino italien a fait place à Polichinelle. Son succès est tel qu’il sera appelé à la Cour en 1669 « pour divertir les Enfants de France ». Quant à ses origines antiques, diverses hypothèses sont formulées (voir Nodier et Sand).

↑ 3 Gustave Kahn, Préface à Polichinelle (de Guignol), Paris, E. Sansot et Cie, 1906, p. 10.

↑ 4Anne Gilles, Images de la marionnette dans la littérature, Presses universitaires de Nancy, Éditions Institut international de la marionnette, 1993 ; Henry Jurkowski, Écrivains et marionnettes. Quatre siècles de littérature dramatique, Charleville-Mézières, Éditions Institut international de la marionnette, 1991 ; Roger-Daniel Bensky, Structures textuelles de la marionnette de langue française, Paris, Nizet, 1969.

↑ 5 Francis Marcoin, « Polichinelle romantique et enfantin » in Polichinelle, Cahier Robinson n° 6, CRELID, Université d’Artois, 1999, p. 161-177.

↑ 6 Le Théâtre de Polichinelle. Prologue en vers par Fernand Desnoyers pour l’ouverture du théâtre de marionnettes dans le Jardin des Tuileries, Paris, Poulet-Malassis et De Broise, 1861.

↑ 7 Scribe, Polichinelle, opéra-comique en 1 acte, en société avec M. Ch. Daveyrier, musique de A. Montfort, représenté au Théâtre de l’Opéra-Comique le 14 juin 1839.

↑ 8 John Blick, Polichinelle Vampire, ballet fantastique en 1 Acte, danses composées par M. Honoré, musique de M. Amédée Artus, 1858 ; F.-A. Blache fils, Polichinel Vampire, ballet-pantomime et Divertissement burlesque, représenté le 27 mai 1823, Paris, Pollet, 1823.

↑ 9 Polichinelle avalé par la baleine, folie pantomime féerie en 2 actes et à grand spectacle par M. Lefebvre, musique de M. Hostié, décors de M. Gué, costumes de M. Auguste, représentée la première fois à Paris sur le théâtre de la Gaieté le 29 décembre 1923, Paris, Pollet rue du Temple n° 36, 1924.

↑ 10 Au moment de la publication du premier théâtre de marionnettes écrit, Duranty souligne la difficulté “technique” de passer d’un type d’énonciation à un autre: «[…] la Marionnette tire tous ses avantages de son corps, de la matière en un mot , et est un être inférieur sur le côté intellectuel, spirituel. Par conséquent, montrer ce que disent les Marionnettes sans faire voir ce qu’elles font, est un problème difficile, redoutable même. Pour l’aborder, il faut une certaine témérité» cf. Introduction à Louis-Edmond Duranty (1833-1880), Théâtre des marionnettes du Jardin des Tuileries, Paris, chez Dubuisson et Cie Imprimeurs, 1862, p. 11.

↑ 11 Cf. F. Marcoin, L’image de l’adolescent rebelle dans la littérature du 19e siècle http://jeunet.univ-lille3.fr/jpro/colloque/co14/marcoin.htm (site consulté le 23/09/2005). Marcoin précise aussi que cette littérature était plutôt destinée aux filles, les garçons étant généralement plus scolarisés.

↑ 12 Frédéric Jacquier, Polichinelle ou histoire vraie et authentique d’un petit prince impérial chinois, suivie d’un recueil de contes de fées, avec 10 charmantes gravures, Paris, Chez l’auteur-éditeur, Rue Sainte Anastase 7 au Marais, 1867 [in-18, 36p]. L’Acte I, scène 1 de Rémond, Polichinelle. Almanach perpétuel des petits enfants, Delarue trace un “canevas” tout aussi classique : Polichinelle frappe son monde, attire le gendarme, est enfermé en prison, pend le bourreau, combat avec le Diable, est victorieux.

↑ 13 Adrienne de Frêne, Polichinelle en vacances, Paris, Librairie A. Courcier éditeur, 9 rue Hautefeuille, Librairie d’éducation, Bibliothèque du Premier âge et 8 gravures à 2 teintes [in-4°, 37p].

↑ 14 Octave Feuillet (1821-1890), La Vie de Polichinelle et ses nombreuses aventures, illustrations de Bertall Paris, L’École des Loisirs, Renard Poche, 1979.

↑ 15 Frédéric Jacquier, Polichinelle ou histoire vraie et authentique d’un petit prince impérial chinois, op.cit.

↑ 16 Frédéric Jacquier, Polichinelle ou histoire vraie et authentique d’un petit prince impérial chinois, op.cit.

↑ 17 « Je cherchais à me débarrasser de mes liens mais rien n’y fit. Les gens qui passaient sur la route regardaient, s’arrêtaient et riaient. Je les entendais dire : - Tiens, il est laid ce Polichinelle ! – On dirait un télégraphe ; remue-t-il les bras et les jambes. Il aura sans doute fait quelque méchanceté ; on l’a attaché à l’arbre comme punition. Et j’y suis resté pendant quarante huit heures consécutives » in Polichinelle en vacances, cit., p. 21.

↑ 18 La Vie de Polichinelle est riche d’exemples où Polichinelle provoque plus ou moins volontairement l’hilarité chez ses interlocuteurs. D’abord le Père Pulci qui « de sa vie n’avait tant ri au point qu’il en eut la colique huit jours durant » devant les gambades et les grimaces de son fils ; puis « toute la Cour étouffa de rire » lorsque le piège tendu par Polichinelle au Seigneur Bugolin est découvert. Mais, sa volonté ou comique intentionnel est indéniable lorsqu’il promet de faire rire la fille du Roi qui souffre de mélancolie : « […] à ce spectacle inattendu, mes enfants, et à celui du seigneur Ernest sautant à des hauteurs inouïes pour rattraper sa perruque, les rires éclatèrent avec tant de violence qu’ils furent entendus à trois lieues en mer. Mais ce fut bien autre chose quand Polichinelle, ayant saisi le premier mouvement de stupeur pour accrocher avec une extrême dextérité douze hameçons aux perruques des académiciens, lâcha subitement le reste des pigeons, qui enlevaient chacun leur trophée. La belle princesse qui avait tenu bon jusque là, partit du même train que tout le monde et se mit à rire de si grand cœur qu’il y eut nécessité de lui serrer la taille, car elle ne pouvait plus s’arrêter », p. 57. En outre, Polichinelle à la fin du texte fait une déclaration d’intention : « […] en attendant je ferai (à ceux qui souffrent) de tout mon cœur la seule aumône dont le bon Dieu ait mis la disposition en mon pouvoir, je les ferai rire ; par la même occasion je ferai s’épanouir les joues roses des jolis enfants qui passent et ce sera pour moi comme une bénédiction. », p. 110.

↑ 19 [Polichinelle] attache les crins du cheval aux éperons du gendarme et « le militaire voulut me rattraper mais – patatras – il tomba à terre pendant que je m’éloignais à toutes jambes en riant comme un bossu », Polichinelle en vacances, cit., p. 27.

↑ 20 Octave feuillet, Vie de Polichinelle et ses nombreuses aventures, cit., p. 21

↑ 21 « cette allure qui le caractérisait et qui consiste à lever le pied et le bras du même côté en marchant », in O. Feuillet, cit., p. 9.

↑ 22 Henri Bergson, Le Rire, Paris, PUF (« Quadrige »), 2004. Rappelons les distinctions que Bergson établit : comique de formes, comique de mouvements (déformation, automatismes, insociabilité, raideur de mécanique), comique de situation et comique de mots.

↑ 23 On trouve le dérivé de bosse (déformation en saillie) : bossu dès le XIIe siècle.

↑ 24 Frédéric Jacquier, Polichinelle ou l’histoire vraie…, cit., p. 12.

↑ 25 Octave Feuillet, La vie de Polichinelle…, cit., p. 14.

↑ 26 Ibid., p.100.

↑ 27 Anonyme, Polichinelle en voyage, cit., p. 5-10.

↑ 28 Adrienne de Frêne, Polichinelle en vacances, cit., p. 22.

↑ 29 Ibid., p. 27.

↑ 30 Octave Feuillet, La Vie de Polichinelle, cit., p. 57.

↑ 31 La naissance de Polichinelle est sous le signe du Diable et de la Sainte-Vierge; le chat l’emporte à travers la forêt de la Beauce et une queue de chat lui permet de s’échapper. Quant à l’épingle d’or « chaque fois qu’il la plantera dans sa bosse de devant, il se rapprochera de Paris ; dans sa bosse de derrière, il s’en éloignera. »

↑ 32 Cf. « il ressortira sans doute, pour vous comme pour tout le monde, une grande moralité : à savoir que ceux-là sont bien coupables, qui dans une aveugle tendresse ne savent pas corriger leurs enfants à propos », F. Jacquier, Polichinelle ou histoire vraie et…, cit., p. 5.

↑ 33 Adrienne de Frêne, Polichinelle en vacances, cit., p. 34.

↑ 34 Ibid., cit., p.36.

↑ 35 Les interventions du narrateur expriment des convictions données comme certitudes universelles : « lorsque l’esprit est uni à la bonté, cela fait un caractère dont l’amabilité entraîne tout le monde et la beauté du visage est la dernière qualité dont les honnêtes gens s’avisent de tenir compte à un homme » (La Vie de Polichinelle, cit., p. 39) ; «[…] c’est ainsi que tôt ou tard le mérite et la science trouvent leur place dans le monde et obtiennent justice des hommes » (Ibid., cit., p. 83) ;

↑ 36 Gérard Genette, Morts de rire, in Figures V, Paris, Seuil, 2002, p. 134-225. En outre, l’essai de Nathalie Preiss, Pour de rire ! La blague au XIXe siècle, PUF (coll. « Perspectives littéraires »), 2002 (Compte-rendu de J.-L. Jeannelle in www.fabula.org ) où la blague est assimilée à l’histoire drôle.

↑ 37 Polichinelle ou histoire vraie et authentique…, cit., p. 15.

↑ 38 Ch. Nodier, Les Marionnettes, Paris, A. Fayard, 1933, p. 399.

↑ 39 Alexandre Dumas, Le Corricolo http://www.dumaspere.com/pages/biblio/ (site consulté le 23/09/2005)

↑ 40 Charles Nodier, Les Marionnettes, cit., p. 292.

↑ 41 Charles Nodier, Polichinelle in Contes de la veillée, Paris, Bibliothèque-Charpentier Eugène Fasquelle éditeur, 1923, pp. 283-295.

↑ 42 Duranty précisait lui aussi: «Ce livre n’est pas fait pour les enfants, je veux dire d’une manière spéciale. Il est destiné, comme il a déjà été dit, aux esprits très-naïlfs et aux esprits très-savants. Les enfants appartiennent à la première catégorie; voilà pourquoi le livre leur conviendra parfaitement, même dans les parties qu’ils ne comprendront pas, et il leur ouvrira l’esprit bien mieux que tous les volumes de Berquin…». Cf. Petit discours de Polichinelle au lecteur pour terminer in Le Théâtre des marionnettes du Jardin des Tuileries, op. cit., p. 49.

↑ 43 Ibid., p. 293.

↑ 44 Petite comédie Polichinelle et Pierrot, in Polichinelle ou la Vérité en riant, samedi 19 août 1854, n°2 p. 2.

↑ 45 À propos de choses sérieuses, in Polichinelle ou la Vérité en riant, mercredi 30 août 1854, n°5.

↑ 46 Ellyn Beth Lockerbie, Polichinelle! Or the ironic double of the Baudelairian modern artist, in Dissertation Abstracts International, Ann Arbor, MI LVII (1996-97) 2062 A (Thèse University of North Carolina at Chapel Hill, 1996, 280p).

↑ 47 Jules Janin (1804-1874), Polichinelle à l’index in Petits souvenirs, Œuvres de jeunesse, t. V, Paris, Librairie des bibliophiles, 1883.

↑ 48 Nicolas-Toussaint Charlet (1792-1845) est dessinateur et lithographe admiré par Delacroix mais banni par Baudelaire. Les scènes militaires et les caricatures de grognards constituent la majeure partie de sa production. L’Enterrement de Polichinelle se trouve à Chantilly, Musée Condé, et porte comme inscription sur le fanion : Polichinelle/il est mort.

↑ 49 Jules Richepin (1849-1926), Le Môme à la mère Antoine http://www.miscellanees.com/r/lemome.htm (site consulté le 23/09/2005).

↑ 50 Chamfleury, « Polichinelle et le chat », dans Les Bons Contes font les Bons Amis, Truchy, 1863. Réédité dans Pantomimes, Cicero éditeurs, 1995.

↑ 51 Ibid.

↑ 52 Cf. L’épilogue fait de ce conte un conte noir :« Elle a mis dans le petit cercueil, sur le suaire fait d’un drap rapiécé, le beau polichinelle couvert de couleurs éclatantes, de clochettes sonores, de dorures merveilleuses, et ainsi le pauvre cadavre a eu son Noël ! »

↑ 53 Théodore de Banville (1823-1891), Chez Guignol, in Nouvelles odes funambulesques (1868).

↑ 54 H. Bergson, Le Rire, op. cit., p. 67.

Pour citer cet article :

Brigitte Battel, Polichinelle fait-il bien rire? Clin d’oeil au XIXe siècle., Bouquets pour Hélène, Publifarum, n. 6, pubblicato il 05/02/2007, consultato il 18/11/2017, url: http://publifarum.farum.it/ezine_articles.php?id=13

 

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