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Comment les informations pragmatiques concernant les expressions idiomatiques en anglais sont-elles représentées dans les dictionaries of idioms?

Ramon Marti-Solano


1. Introduction

La complexité sémantique des expressions idiomatiques appelle des définitions qui vont au-delà de la simple définition analytique. Il n’existe pas encore de protocole lexicographique commun vis-à-vis du traitement de la signification de ces unités phraséologiques (ci-après UP). Une étude comparative de cinq dictionaries of idioms dégage les éléments qui sont pris en compte et ceux qui ne le sont pas au moment de représenter de façon rigoureuse et complète les valeurs pragmatiques de ces unités. Les indications lexicographiques, utilisées pour indiquer les restrictions d’emploi, sont l’un des moyens dont dispose le lexicographe pour rendre compte de ces informations. En outre, le choix des constituants lexicaux de la subordonnée conditionnelle dans les définitions dites pragmatiques est d’une importance vitale pour saisir l’étendue contextuelle des UP concernées.


2. La phraséologie et les unités phraséologiques


Il faut remonter à 1909 pour trouver l’ouvrage qui se situe à l’origine de la conception contemporaine de la phraséologie. Il s’agit du Traité de stylistique française de Charles Bally, où l’auteur distingue entre ce qu’il appelle des contextes (ou groupes de mots en combinaison libre) et des groupes phraséologiques (ou « groupes de mots qui forment eux-mêmes des unités ») (BALLY 1909: 88). C’est justement Bally qui avance la maxime, répétée jusqu’à satiété: « les groupes phraséologiques ont un sens indépendant de leurs éléments » (BALLY 1909: 145).Voici la définition que donne cet auteur de la phraséologie:

Si dans un groupe de mots, chaque unité graphique perd une partie de sa signification individuelle ou n’en conserve aucune, si la combinaison de ces éléments se présente seule avec un sens bien net, on peut dire qu’il s’agit d’une locution composée. […] c’est l’ensemble de ces faits que nous comprenons sous le terme général de phraséologie. (BALLY 1909: 65-66)


Deux aspects importants du phénomène phraséologique, mis en lumière par la recherche récente, viennent s’ajouter à la définition précédente et en modifient sensiblement l’approche: la variabilité intrinsèque aux unités phraséologiques (CORPAS PASTOR 1997: 27-30; LANGLOTZ 2006: 11) et les valeurs stylistiques qui leur sont associées (GLÄSER 1986: 45-46). La phraséologie devient donc l’étude, la description et l’analyse de tous les phénomènes concernant les groupements d’items lexicaux sémantiquement et morpho-syntaxiquement figés à différents degrés et susceptibles de varier dans leur actualisation en discours et de présenter diverses valeurs pragmatiques. Vu la difficulté de ramener à une seule dénomination l’hétérogénéité des éléments constituant l’objet d’étude de la phraséologie, nous utiliserons le terme d’unité phraséologique (UP) tout au long de cet article. Même si plusieurs dénominations ont été proposées (COWIE 1998: 7), le terme d’unité phraséologique reste le plus répandu de nos jours et le plus communément accepté parmi les spécialistes du domaine. La principale particularité des unités phraséologiques, par rapport à des unités monolexicales, est que tout en étant des unités lexicales de plein droit du fait de leur sens non-compositionnel, elles restent aussi des suites syntaxiques susceptibles de subir des modifications lexicales et structurales. L’absence d’un consensus terminologique pour la désignation de l’objet d’étude de la phraséologie a été signalée depuis longtemps (THUN 1975: 53; COWIE 1981: 225). La situation aujourd’hui s’éloigne peu de celle décrite auparavant: la terminologie phraséologique augmente et se complique au fur et à mesure que de nouveaux travaux de recherche viennent s’ajouter à la déjà très vaste bibliographie existante. Il ne s’agit pas seulement de nouveaux termes, mais principalement de termes déjà utilisés de longue date dont l’extension peut s’élargir ou se restreindre. C’est le cas, entre autres, du terme idiom, dont la valeur a été récemment redéfinie (GRANT & BAUER 2004: 45)1. Dans ce foisonnement terminologique toutes les unités plus ou moins longues et plus ou moins figées sont confondues. Elles ont, cependant, du point de vue pragmatique, des valeurs tout à fait différentes et jouent des rôles spécifiques dans le discours.


3. Les dictionaries of idioms

Le terme plus largement utilisé dans les domaines de la lexicologie et de la phraséologie en anglais pour nommer une unité composée de plusieurs mots dont le sens global est non-compositionnel est idiom. Ce terme met surtout en avant le caractère idiomatique de l’item polylexical et englobe toute une panoplie d’unités polylexématiques qui vont du mot composé à caractère idiomatique jusqu’au proverbe. Le terme idiom regroupe, dans la réalité, un ensemble très hétérogène d’UP dont le trait commun est illustré par le caractère métaphorique des unités concernées et traditionnellement employé dans le domaine de la lexicographie anglaise.2

La lexicographie est une technique et une méthode visant l’élaboration de dictionnaires. Lorsqu’on entreprend l’étude et la description des unités phraséologiques d’une langue, les seules références lexicographiques sont les dictionnaires généraux bilingues ou unilingues mais surtout les dictionnaires de locutions et expressions idiomatiques, connus dans les pays anglophones sous la dénomination de dictionaries of idioms. Ces recueils d’expressions se caractérisent par un certain éclectisme que l’on peut estimer critiquable. En effet, le matériau qui compose les dictionaries of idioms est constitué de noms et d’adjectifs composés à caractère plus ou moins idiomatique, de dictons et phrases proverbiales et, surtout, de syntagmes verbaux métaphorisés. De la même façon que pour le lexique d’une langue, la référence se trouve dans les dictionnaires généraux, pour les unités phraséologiques, cette référence se trouve dans ce type de dictionnaires.

Les relations entre la phraséologie et la lexicographie sont très anciennes: des recueils unilingues ou bilingues d’expressions idiomatiques ont été confectionnés non seulement en anglais, mais aussi dans d’autres langues européennes, montrant ainsi l’intérêt général que cette discipline a suscité auprès du grand public. La phraséologie, dans son acception plus particulariste, a été ressentie traditionnellement comme ce qu’il y a de spécifique à une langue nationale, ce qui la rend différente des langues des autres pays environnants. De ce point de vue, ces recueils ont toujours représenté une sorte de « fierté linguistique nationale ». C’est dans un tout autre esprit que les dictionaries of idioms sont élaborés de nos jours. Ce sont aussi des recueils d’expressions idiomatiques mais ils sont, en revanche, produits en visant principalement le public des étudiants étrangers (HANKS 2000: 303). La sélection et la présentation des matériaux sont donc faites en fonction de ce type de lecteurs potentiels. C’est pourquoi on trouve un grand nombre d’expressions idiomatiques qui sont transparentes ou semi-transparentes et aussi d’autres expressions qui, tout en ayant un degré plus ou moins idiomatique, sont plus proches du nom composé ou du proverbe que du vrai idiom. C’est en raison de leur fréquence très élevée et de leur caractère idiomatique, au sens de ‘propre à la langue anglaise’, qu’elles sont incluses dans ces dictionnaires. Les dictionaries of idioms − dénomination générique qu’ont les dictionnaires de locutions et expressions idiomatiques dans les pays anglophones − sont ainsi des recueils d’unités polylexicales de la langue à caractère nettement pédagogique.3 Ceux qui ont été utilisés dans notre recherche sont les suivants: Collins Cobuild Dictionary of Idioms (CCDI), Cambridge International Dictionary of Idioms (CIDI), Longman Idioms Dictionary (LID), Oxford Dictionary of Idioms (ODI) et Oxford Dictionary of Current Idiomatic English (ODCIE2).

Même si dans les dernières décennies il y a eu des études sur la phraséologie et sur la lexicographie qui ont amélioré considérablement les dictionaries of idioms à certains égards, « sigue sin darse una buena solución a problemas que son de base, como es el tratamiento del significado de las unidades fraseológicas. » (MARTÍNEZ MARÍN 2000: 249). Cette observation implique fondamentalement qu’il n’existe pas encore un protocole lexicographique commun vis-à-vis du traitement de la signification des unités phraséologiques et que le problème touche spécifiquement à l’agencement des contenus sémantique et pragmatique à l’intérieur même de la définition.

En tant qu’éléments du lexique de la langue, les UP sont d’abord définies et ensuite illustrées à l’aide d’un ou de plusieurs énoncés. Ces exemples, qui sont tirés du corpus sur lequel travaille le lexicographe, ont une triple fonction. Premièrement, ils permettent aux usagers de mieux appréhender la signification des séquences en question grâce aux énoncés dans lesquels elles sont insérées. Deuxièmement, la contextualisation de ces UP sert à distinguer les registres dans lesquels elles sont généralement utilisées, et troisièmement, ils présentent les UP en relation avec les autres éléments cotextuels, mettant ainsi leur comportement syntaxique en relief.


4. La définition lexicographique des UP

La définition lexicographique par excellence est la définition analytique, contrairement à la définition synonymique, cette dernière basée sur une liste de synonymes approximatifs. Mais, de façon plus systématique que les dictionnaires unilingues, les dictionaries of idioms présentent aussi des définitions dites pragmatiques, c’est-à-dire des définitions qui mettent l’unité dans une situation réelle de communication, souvent la situation dans laquelle cette UP risque de se trouver le plus fréquemment, une pratique systématique dans le CCDI.

Concernant la définition pragmatique, elle a l’avantage d’être moins théorique, plus pratique, plus proche de la réalité linguistique de l’usager. Prenons un exemple tiré du CIDI. L’UP first hand est définie par ce dictionnaire comme suit: « if you experience something first hand, you experience it yourself ». En effet, il s’agit d’une définition qui présente une situation par le biais d’une proposition conditionnelle introduite par la conjonction if. Ainsi, l’usager est capable de repérer tout de suite comment l’unité fonctionne dans la phrase, à savoir comme un adverbe occupant la position après le complément d’objet direct. La structure syntaxique dans laquelle s’insère cette UP est également présentée implicitement par le truchement de la définition elle-même:

If + you + experience + something + first hand

Il se trouve qu’un grand nombre d’UP sont employées pour qualifier un comportement humain, une situation particulière dans la vie quotidienne ou même un trait – ou plutôt un ensemble de traits – caractéristique d’un type de personne. C’est précisément dans ces trois cas de figure qu’intervient la définition pragmatique puisqu’elle est capable, mieux que la définition analytique, de présenter un type de comportement ou de situation à l’aide de notations telles que used to say that…, said to emphasize that…, used to describe someone who…, if you describe something as..., if people or organizations have …, something that you say when/which…, etc.

Lorsqu’il s’agit d’UP qui sont des syntagmes verbaux, la définition, dans la plupart des dictionnaires consultés, commence généralement par un autre verbe et explique l’UP de forme analytique. Ainsi des UP comme jump the gun (« to do something too soon, especially without thinking carefully about it. ») ou walk the plank (« to be forced to leave your job. ») sont définies de façon traditionnelle, exception faite du traitement que fait le CCDI de ce sous-groupe d’UP.4

On remarque immédiatement que le CCDI privilégie les définitions qui commencent par une subordonnée conditionnelle introduite par la conjonction if. La variété de notations dans ce dictionnaire est très grande et ces dernières changent en fonction des diverses valeurs pragmatiques des UP concernées: if you say that someone is…, if you refer to someone as…, if someone tells you to…, if you would like to…, if someone gives you…, if you describe something as…, if you talk about someone…, if you are…, if you decide to…, if you feel…, etc.

Contrairement au traitement des définitions privilégié par le CCDI, l’ODI utilise presque systématiquement la définition analytique mais aussi la définition synonymique pour expliquer sa nomenclature. Ce dictionnaire a un caractère encyclopédique très marqué qui contraste fortement avec sa volonté de montrer des UP provenant des différentes variétés d’anglais et l’inclusion dans l’édition que nous utilisons de 350 nouvelles UP par rapport à l’édition précédente. Les équivalents lexicaux des UP n’expriment pas exactement la même idée que ces dernières car souvent ils n’en recouvrent que partiellement le sémantisme global: too old n’équivaut pas exactement à be over the hill, qui signifie « be too old to do things well »; very old n’équivaut pas exactement à old as the hills qui signifie « something which is very old, and perhaps old-fashioned or very traditional » et a greasy spoon n’est pas seulement un petit restaurant économique mais « a small, cheap restaurant which mainly serves fried food of a low quality ». La signification non-compositionnelle de ces UP s’avère plus complexe que celle de leurs équivalents non-phraséologiques. Ces unités remplissent une fonction primordiale dans le système de la langue: elles sont là pour décrire de façon condensée des réalités qui nous environnent, des réalités qui sont elles-mêmes complexes et que les locuteurs désignent par le biais de ces unités préconstruites.


5. Le traitement des informations pragmatiques


Une des questions que se posent très souvent les apprenants d’anglais concerne le caractère socialement approprié de l’emploi de telle ou telle expression idiomatique dans une situation de communication donnée. Les dictionaries of idioms sont, ne l’oublions pas, des produits lexicographiques conçus et réalisés principalement pour des étudiants d’anglais de niveau avancé qui ont besoin de comprendre la signification de ces unités mais qui, surtout, veulent être capables de les employer, tantôt à l’oral tantôt dans la langue écrite, d’une façon qui s’approcherait le plus possible de l’usage observé chez les locuteurs natifs. C’est donc à ce besoin que la pragmatique doit répondre. La pragmatique s’occupe donc d’expliquer les significations des UP qui ne peuvent être comprises que lorsqu’elles sont situées dans leur contexte communicatif habituel. La pragmatique5 est chargée de donner toutes les informations dont ont besoin les usagers des dictionaries of idioms pour que leur compétence phraséologique devienne de plus en plus assurée: « For example, an expression like snail’s pace refers to very slow movement or progress. This could appear to be informational, a description of speed, but it is in fact evaluative, negatively assessing the slowness as less than adequate. » (MOON 1992: 497). En effet, une explication à caractère pragmatique est fournie après sa définition dans le CCDI: « You usually use this expression when you think that it would be better if it went more quickly. ».

Les valeurs pragmatiques que peuvent avoir les UP sont diverses: elles peuvent servir à exprimer une opinion sur quelqu’un ou quelque chose mais elles servent aussi à évaluer un événement ou une situation donnée. D’autres valeurs pragmatiques assez courantes des UP sont l’attitude, la critique, l’approbation et la désapprobation. Parfois les UP représentent elles-mêmes des actes de discours, c’est-à-dire qu’elles sont des formules habituellement utilisées pour remercier quelqu’un, pour accepter ou refuser quelque chose, pour inviter ou décourager son interlocuteur à faire quelque chose, etc. A titre d’exemple, et pour exprimer l’approbation, une formule comme I’m easy peut être employée dans la langue parlée. Ce qui se dégage de cette UP est l’attitude détendue et conciliante de la personne qui est prête à accepter la décision qui vient d’être prise. De la même façon, une UP comme (as) cool as a cucumber montre la surprise du locuteur par rapport à l’attitude d’un tiers qui se montre calme là où il devrait être nerveux, embarrassé ou excité. Finalement, d’autres UP ont un emploi souvent ironique ou humoristique, comme dans le cas de the very idea!, utilisée pour signaler l’approbation d’une suggestion faite par l’interlocuteur: « Swimming in the nude? The very idea! » (exemple tiré du LID). Ces informations sont indispensables pour appréhender l’étendue sémantique des UP, leurs implications pragmatiques et pour pouvoir les utiliser de façon efficace. La complexité sémantique des UP appelle des définitions qui vont au-delà de la simple définition analytique.

It is worth noting that in addition to its denotational idiomatic meaning, the phrase wet blanket has expressive and stylistic connotations. Its expressive connotation implies a negative value judgment as derogatory, whereas its stylistic connotation is that of the informal, colloquial level. (GLÄSER 1988: 266)


Il reste à trancher entre la ‘connotation expressive’ et la ‘connotation stylistique’ de Gläser. Cette dernière n’est plus que le niveau de langue dans lequel chaque unité est employée, tout en sachant que les UP sont habituellement utilisées dans « le niveau familier, c’est-à-dire celui de la conversation » (TOURNIER 1991: 126). Si l’on considère la connotation comme l’ensemble des valeurs subjectives et variables que peut avoir une unité lexicale ou une unité polylexicale, c’est plutôt la ‘connotation expressive’ qui va fournir des informations relatives à ces effets de signification.

L’ironie est un aspect très important concernant les connotations expressives attachées à certaines expressions idiomatiques. Si nous prenons l’exemple de l’UP a bright spark, l’OALD (Oxfod Advanced Learner’s Dictionary) répertorie cette UP dans l’article du mot-vedette bright sous la section IDIOM, avec la definition suivante: « (BrE, informal, often ironic) a lively and intelligent person, especially sb young: Some bright spark (= stupid person) left the tap running all night ». Le CCDI, après sa définition, ajoute « You usually use this expression ironically to criticize someone for being foolish, or to refer scornfully to someone ». Tous les autres dictionaries of idioms font référence, d’une façon ou d’une autre, à cette connotation expressive sans laquelle l’UP ne pourrait être ni utilisée ni décodée de manière appropriée. C’est, d’ailleurs, le CIDI qui fournit l’explication la plus pratique et pragmatique: « This phrase is often used humorously to mean the opposite. ». De toutes les notations possibles qu’utilisent les lexicographes pour indiquer les valeurs pragmatiques des UP, il nous semble que celle de ironic est d’un emploi général et systématique, ce qui montre l’importance attachée à cette valeur pour le bon encodage et décodage des unités concernées. Le degré de subjectivité attaché aux valeurs pragmatiques des UP apparaît abondamment dans les notations utilisées par les différents dictionaries of idioms pour signaler que telle ou telle expression est considérée désuète ou familière. Si nous prenons l’exemple de in the pink, le LID et le CCDI la classifient comme old-fashioned tandis que l’ODI la classifie comme informal. La disparité dans l’attribution des notations pour indiquer les valeurs connotatives des UP dans les dictionaries of idioms est remarquable. Il arrive que les mêmes UP soient notées sous différents niveaux de langue, mais elles peuvent aussi avoir des notations complètement contradictoires, comme dans l’exemple qui nous occupe. Le traitement lexicographique des valeurs connotatives des UP est, lui aussi, une affaire qui dépend du jugement de chaque lexicographe, de même que la sélection du matériel phraséologique qui sera inclus dans les dictionnaires. La richesse connotative des UP a été décrite dans les termes suivants: « the meaning of idioms is often particularly rich in shades and has a spectrum of its own, a range of possible applications rather than a single way of using it. » (JAEGER 1999: 90).


5.1. Les indications d’emploi


Les indications d’emploi marquent généralement la variante diatopique, c’est-à-dire si l’expression est propre à l’anglais britannique, à l’anglais américain ou à d’autres variétés du monde anglophone. Elles sont aussi largement utilisées pour marquer le niveau de langue et, dans une moindre mesure, comme indications de domaine. L’ODCIE2, à part les indications fréquentes formal et informal pour signaler le niveau de langue et quelques indications sporadiques du type dated, facetious ou derogatory, favorise surtout les indications qui servent à informer et à guider l’usager sur la nature du syntagme ou de l’expression idiomatique et n’ont pas une visée pragmatique. Ces indications de domaine sont du type military slang, criminal slang, legal, nautical, catchphrase, saying, cliché, etc., ce qui en lexicographie anglaise est connu comme usage labels:

As has been noted, most of pragmatically-relevant information is provided by usage labels – lexicographic indicators that are usually presented in the form of one word or even an abbreviation, as slang, rare, Scot, etc. Usage labels, as opposed to grammatical labels, are intended to specify the limitations on the use of lexical items according to time, place, and/or circumstances of communicative interaction. (BURKHANOV 2003: 105)


Le manque d’indications peut être suppléé explicitement par des notes en fin d’article ou même implicitement par le biais des exemples choisis:

Lack of appropriate indication in the reference work is interpreted by the user as a positive instruction to implement the lexical item indiscriminately in sociocultural contexts of whatever kind. Hence, a lexicographer’s failure to provide indications when they are needed leads to incorrect usage. Whether to represent pragmatic information by a usage label, to describe it in a usage note or in a paraphrastic or explanatory definition, or to imply it in exemplification are matters of lexicographic presentation. (BURKHANOV 2003: 107-8)


Même si l’emploi de ces diverses indications lexicographiques a pour but de guider le mieux possible les usagers de ces dictionnaires, il est parfois étonnant de trouver des UP qui ne sont pas signalées comme ayant des restrictions d’emploi sur ce plan. A cet égard, seul le CIDI fournit une notation de registre ou de niveau de langue (formal) pour l’UP cross the Rubicon, tandis que les autres dictionnaires, à l’exception du LID qui ne répertorie pas cette UP, ne fournissent aucune indication − ils incluent plutôt une note historique explicative de son origine. Nous considérons que ces notes à caractère étymologique ou encyclopédique sont incluses dans la majorité des dictionnaires pour combler la curiosité des usagers de la langue et des usagers des dictionnaires, intéressés par les aspects culturels, historiques ou littéraires liés aux expressions idiomatiques, plutôt que pour donner des informations pragmatiques à l’apprenant d’anglais. Il s’agit bien d’une UP qui a un emploi limité à un niveau de langue soutenu ou très soutenu et une indication sur ce caractère serait très utile pour les usagers habituels de ce type de dictionnaires.


5.2. Les notes en fin d’article

Les notes sont une pratique courante chez tous les lexicographes. Elles sont régulièrement présentées dans des encadrés ou précédées d’un indicateur mis en relief et se trouvent généralement en-dessous du corps des articles. Elles remplissent une fonction informative qui va souvent au-delà des contenus sémantiques présents dans la définition. C’est pour cette raison qu’on y trouve soit des informations sur l’origine d’une expression, soit des informations à caractère encyclopédique qui mettent l’expression en relation avec des événements ou de personnages historiques ou actuels. Elles servent à fournir d’autres informations subsidiaires telles que les possibles variantes lexicales ou orthographiques ou des explications relatives à un certain domaine, par exemple, le football américain, la technologie, la science, des coutumes traditionnelles, etc. Mais, exceptionnellement, ces notes sont utilisées comme des véritables notes d’emploi pour indiquer des valeurs purement pragmatiques des expressions concernées:

The dizzy heights of: You may hear people use this idiom humorously to talk about a level that is low or a position that is not at all important. (LID)

Be (left) on the shelf: Many people think that this is offensive because it seems to mean that there is something wrong with a woman who is not married. (LID)

Life begins at forty, etc: □ chiefly humorous or consolatory, but sometimes serious. (ODCIE2)

A nervous wreck: □ often facetious or exaggerated. (ODCIE2)


5.3. L’expression des contenus pragmatiques à l’intérieur des définitions

L’endroit privilégié où sont collectées les informations pragmatiques se trouve à l’intérieur même des définitions lexicographiques. Les procédures utilisées par les lexicographes sont assez variées et elles ont pour but d’éviter la réitération d’une même formule et donc de donner de la variété à la rédaction des articles. L’une des procédures les plus utilisées pour l’expression des contenus communicatifs consiste à employer un verbe autre que tell avec la proforme impersonnelle you au temps présent, avec ou sans l’aspect be + ing, dans des formules telles que you are emphasizing that, you are accusing them of, you are criticizing them for, you congratulate them, etc. Le choix du verbe s’avère vital pour cerner la valeur pragmatique de l’expression et ainsi guider l’usager en lui indiquant l’intention communicative attachée à chaque expression.

Une autre procédure consiste à employer le terme expression suivi d’un adverbe de fréquence et la formule is used to + infinitif, comme par exemple: This expression is sometimes used to suggest that…, This expression is usually used to refer to…, This expression is often used to emphasize. Ces formules apparaissent dans la deuxième partie de la définition, une fois que le contenu sémantique a été précisé. Cette procédure très répandue, mais à différents degrés, chez tous les lexicographes, montre bien la position qu’occupe le contenu pragmatique dans la définition lexicographique par rapport au contenu sémantique lorsque tous les deux sont indiqués dans deux énoncés séparés.

Lorsqu’il s’agit de signaler l’attitude de l’énonciateur à l’égard de ce qu’il énonce, celle-ci est souvent reprise dans la définition par l’emploi des formules qui incluent les verbes express ou show + un nom, comme par exemple: You are expressing scorn for, To express your disapproval of, You are showing surprise that, You are showing admiration for, This expression is often used to show contempt, You show your appreciation for, To express regret or sadness, You are expressing strong dislike ou par l’utilisation d’un groupe adverbial ou d’un adverbe en –ly, comme dans les exemples suivants: in a light-hearted or sarcastic way, in a light-hearted or ironic way, in a rude and aggressive way, in a proud and confident way, you are rudely telling them…, etc.

Certaines UP ne sont utilisées que dans des contextes très particuliers ou pour référer à des situations ou à des groupes humains également très concrets. La procédure utilisée par les lexicographes (celle-ci étant une procédure commune à tous) consiste à ajouter à la fin de la définition une remarque pour restreindre le contexte d’emploi, généralement introduite par l’adverbe especially, comme par exemple: especially if it is controversial or embarrassing, especially because of their race, sex, or background.

D’autres moyens sont employés dans le but de présenter ces informations à l’intérieur de la définition tels que l’emploi de propositions subordonnées finales: to express regret or sadness, to express your disapproval of… ou l’emploi de subordonnées temporelles: when you think that…, when it forces you to…,when talking about…, etc.


6. Comparaison des dictionnaires

Pour la comparaison du traitement lexicographique de la nomenclature de chaque dictionnaire, nous avons fait d’abord une sélection d’unités, sinon répertoriées par tous, au moins par la grande majorité d’entre eux, étant donné que le choix de la nomenclature peut varier sensiblement d’un lexicographe à un autre. Ensuite, nous avons pris comme référence les définitions fournies par le CCDI, le dictionnaire qui offre le plus grand nombre d’informations à caractère pragmatique pour, ensuite, les comparer avec celles fournies par les quatre autres dictionnaires.

Les expressions comparatives, généralement répertoriées par tous les dictionnaires, fonctionnent essentiellement comme des intensifieurs, c’est-à-dire qu’elles sont utilisées pour marquer un très haut degré de la qualification exprimée par le constituant adjectival. Seul le CCDI signale l’attitude de l’énonciateur de façon explicite avec la formule you are emphasizing:

(1) Fresh as a daisy

CCDI: If you say that someone or something is as fresh as a daisy, you are emphasizing that they are very fresh, bright, or alert.
CIDI: To be full of energy and enthusiasm.
LID: Used in order to say that someone is not tired, but is full of energy and ready to do things.
ODI: Very bright and cheerful. Informal.
ODCIE2: Vigorous, lively.


L’intensification ne se trouve que dans les expressions comparatives: d'autres UP peuvent avoir la même fonction, auquel cas celle-ci est toujours explicitement signalée par le CCDI. Il faut remarquer que cette intensification peut ne pas être formellement énoncée, mais apparaître dans la définition sous forme d’un adverbe d’intensification (extremely) ou même d’une locution marquant cet aspect (in an agony of):

(2) Sweat blood

CCDI: You can say that you are sweating blood to emphasize that you are working very hard to achieve something.
CIDI: To feel very worried or anxious.
LID: To work extremely hard in order to achieve something.
ODI: Be extremely anxious. Informal.
ODCIE2: Be in an agony of effort or fear.


La subordonnée conditionnelle des définitions pragmatiques propres au CCDI, mais pas exclusives à ce dictionnaire, permet de préciser la situation de communication dans laquelle est employée l’UP en question. Elle permet, dès lors, de présenter le nombre et le rôle des interlocuteurs (énonciateur et destinataire). Les autres dictionnaires optent pour des définitions analytiques dont l’isomorphisme verbal ne permet pas l’inclusion de cette valeur pragmatique:

(3) Reinvent the wheel

CCDI: If you say that someone is reinventing the wheel, you are criticizing them for working on an idea or project that they consider new or different, when it is really no better than something that already exists.
CIDI: To waste time trying to develop products or systems that you think are original when in fact they have already been done before.
LID: To work on something that you think is new and different, but that already exists, or has already been done by someone else.
ODI: Waste a great deal of time or effort in creating something that already exists or doing something that has already been done.
ODCIE2: --


Il existe parfois une appréciation portée sur le contenu sémantique de certaines UP qui peut ou ne peut pas être prise en compte par la définition lexicographique. Dans l’exemple qui suit l’appréciation implique une réaction émotionnelle de la part de l’énonciateur, une modalisation évaluative qui prend forme, dans la définition du CCDI, grâce à l’utilisation du verbe complain:

(4) A wild goose chase

CCDI: If you complain that you have been sent on a wild goose chase, you are complaining that you have wasted a lot of time searching for something that you have little chance of finding, because you have been given misleading information.
CIDI: A situation where you waste time looking for something that you are not going to find, either because that thing does not exist or because you have been given wrong information about it.
LID: When you spend a long time searching for something without finding it, especially because it does not exist.
ODI: A foolish and hopeless search for or pursuit of something unattainable.
ODCIE2: A search for sb/sth who/that can, or will, not be found; a useless investigation or enterprise.


La définition fournie par le CCDI dans l’exemple (5) montre d’une part, l’attitude de désapprobation d’une action de la part du locuteur et d’autre part, elle présente l’énonciateur, le destinataire et une tierce personne, le sujet de l’énoncé, ce qui permet aux usagers de s’approprier le contexte communicatif dans lequel l’UP est principalement utilisée. Le CIDI est le seul dictionnaire qui, tout en fournissant une définition pragmatique, ne mentionne que deux des trois participants impliqués dans l’énonciation:

(5) Sling mud

CCDI: If you say that one person is slinging mud or is throwing mud at another, you disapprove of the first person because you think that they are trying to spoil the second person’s reputation by saying bad things about them or by telling lies.
CIDI: If someone slings mud at another person, they try to make other people have a low opinion of them by saying unpleasant things about them.
LID: To publicly criticize someone or say that they have done wrong, especially so that you can get an advantage over them.
ODI: Make disparaging or scandalous remarks or accusations.
ODCIE2: --


Il est assez fréquent que les différents dictionnaires utilisent des indications d’emploi pour exprimer les valeurs pragmatiques attachées à une UP et que ces valeurs ne coïncident pas avec celles exprimées à l’intérieur de la définition même. Pour l’exemple (7) le CCDI spécifie que l’énonciateur porte des jugements de valeur (light-heartedly) sur le contenu de l’énonciation. De son côté, le CIDI utilise une indication d’emploi, humorous, alors que l’ODI inclut l’adjectif « ironic » à l’intérieur de sa définition. La subjectivité de l’interprétation des situations de communications se manifeste clairement dans ce foisonnement de termes chez les lexicographes:

(7) Famous last words

CCDI: If you claim that something will definitely happen in a certain way and then say ‘famous last words’, you are suggesting light-heartedly that it is quite possible that you will be proved wrong.
CIDI: Humorous. Something that you say in order to emphasize that what someone said is wrong or is very likely to be wrong.
LID: Spoken. Said when someone has said too confidently that they can do something or that something will happen.
ODI: Said as an ironic comment on or reply to an overconfident assertion that may well soon be proved wrong by events.
ODCIE2: A foolish, misjudged or boastful remark, or opinion, passed before an accident, reversal of fortune, etc.


La définition peut contenir des éléments visant l’explication des restrictions des contextes d’emploi. En (8) ce sont le CCDI et l’ODCIE2 qui marquent cette restriction après la définition de l’UP. L’inclusion de ce type d’explications restrictives peut, dans le pire des cas, induire l’usager à se laisser aller à une généralisation hâtive, alors que cette expression peut aussi apparaître dans d’autres contextes, pas forcément négatifs:

(8) A bolt from the blue

CCDI: If you say that an event or piece of news was like a bolt from the blue or a bolt out of the blue, you mean that it surprised you because it was completely unexpected. You use this expression mainly when talking about unpleasant things.
CIDI: Something that you do not expect to happen and that surprises you very much.
LID: Used about something that happens suddenly and surprises everyone.
ODI: A sudden and unexpected event or piece of news.
ODCIE2: A sudden and unexpected event, esp. one of an unpleasant or catastrophic nature.


Les implications que peuvent avoir les réalisations discursives de certaines UP ne sont pas fréquemment précisées à l’intérieur des définitions, exception faite du CCDI qui, comme dans l’exemple suivant, signale sans ambages le jugement de valeur porté par l’énonciateur:

(9) Up the spout

CCDI: If someone says that a woman is up the spout, they mean that she is pregnant, and usually that this is a problem rather than a good thing.
CIDI: To be pregnant.
LID: BrE. Spoken. Used to say that a woman is going to have a baby.
ODI: (of a woman) pregnant. Br informal.
ODCIE2: --



D’autres UP nécessitent davantage d’explications concernant leurs implications. C’est le cas de hold court. Nous observons que seuls le CCDI et le LID font apparaître dans leurs définitions le fait que le sujet de l’énoncé ne mérite pas vraiment l’attention qu’on lui prête. Toutefois, seul le CCDI mentionne un trait pragmatique du sujet de l’énoncé, à savoir « rather self-important »:

(10) Hold court

CCDI: If you hold court, you are surrounded by people who pay you a lot of attention because they consider you interesting or important. This expression is often used to suggest that the person holding court is rather self-important and does not deserve this attention and admiration.
CIDI: Humorous. To get a lot of attention from a group of people by talking in a way that is entertaining, especially on social occasions.
LID: Used in order to say that someone has a lot of people around them when they talk, to make them feel important, especially when you think they do not deserve the attention.
ODI: Be the centre of attention amidst a crowd of your admirers.
ODCIE2: Be the admired, or respected, central figure in a gathering of people.



7. Conclusion

Il s’en suit que de tous les dictionaries of idioms utilisés dans notre recherche, seul le CCDI présente de façon systématique les valeurs pragmatiques qui sont attachées aux UP. Cette démarche est bien entendu consciente et vise à compléter la définition traditionnelle de ces unités en ajoutant leurs contextes d’emploi, l’attitude des interlocuteurs, les restrictions d’usage, etc. Toutes ces informations sont d’une extrême importance pour les usagers de ce type de dictionnaires, principalement des étudiants étrangers d’anglais de niveau avancé. En deuxième lieu, nous estimons que le LID fait aussi un effort important pour accomplir cette tâche, bien qu’à une moindre échelle que le CCDI, en présentant des définitions pragmatiques ou des remarques en fin de définition pour éclaircir les contextes d’emploi ou les restrictions d’usage. Les trois autres dictionnaires (CIDI, ODI, ODCIE2) sont assez loin d’accomplir cette tâche, même si quelques exemples sont réussis dans le CIDI et l’ODCIE2. C’est finalement l’ODI le dictionnaire qui ne reflète pratiquement pas les valeurs pragmatiques des UP puisqu’il privilégie la brièveté dans ses définitions, donc des définitions synonymiques. Le sens pragmatique des UP n’est véritablement pas présent dans la grande majorité des définitions analysées ci-dessus. La seule définition sémantique ne suffit pas pour dresser le portrait de ces unités polylexicales qui, plus que les unités monolexicales, ont besoin que leur sens pragmatique soit marqué et imbriqué dans leur sens sémantique.


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Notes

↑ 1Dans cet article, les auteurs critiquent le manque de précision dans l’emploi et dans l’étendue de ce terme. Ils proposent une définition plus restreinte et avancent le concept de core idiom, unité polylexicale entièrement non-compositionnelle, totalement figée et institutionnalisée.

↑ 2Il s’impose d’établir une différence par rapport à la sélection de la nomenclature des dictionaries of idioms chez les lexicographes britanniques et chez leurs homologues américains. Il est assez courant dans la tradition lexicographique américaine d’inclure sous la dénomination de idioms des combinaisons de mots qui n’auraient pas du tout leur place dans les ouvrages britanniques. Ainsi, des verbes complexes (look into), des locutions prépositionnelles (in front of), des adjectifs avec leur régime prépositionnel (good for) et des mots argotiques (litterbug) sont répertoriés parmi les expressions idiomatiques dans les dictionnaires américains consultés, à savoir The American Heritage Dictionary of Idioms et A Dictionary of American Idioms.

↑ 3À ce propos on peut lire dans la préface à l’ODCIE2: « Like that book [A General Service List of English Words], the present dictionary was written primarily for the use of foreign learners of English, though for those of an advanced level. » (ODCIE2, 1983: vi).

↑ 4Le CCDI est systématique dans le type de définition employé. Ces deux UP y sont définies comme suit: « If someone jumps the gun, they do something before the right, proper, or expected time. » et « If something goes wrong and someone in a position of authority walks the plank, they accept responsibility for what has happened and leaves the position. ».

↑ 5« This term is attributed to Morris (1938: 6), who distinguished within semiotics—the science of signs and sign systems—three research areas: syntactics, semantics, and pragmatics defined as the study of “the relation of signs to interpreters”. » (BURKHANOV 2003: 102).

Pour citer cet article :

Ramon Marti-Solano, Comment les informations pragmatiques concernant les expressions idiomatiques en anglais sont-elles représentées dans les dictionaries of idioms?, Autour de la définition, Publifarum, n. 11, pubblicato il 01/03/2010, consultato il 24/05/2017, url: http://publifarum.farum.it/ezine_articles.php?id=128

 

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