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À l’écoute de La Fontaine aujourd’hui. De quelques aspects socio-phonétiques de « L’Homme et son image »

Roberto Paternostro



Résumé
Cette étude se veut une réflexion sur les enjeux sociolinguistiques de quelques aspects phonétiques observés dans la lecture de L’Homme et son image de La Fontaine par des locuteurs parisiens contemporains. Elle s’inscrit dans une tentative de dialogue entre linguistique et littérature, dans le cadre des festivités pour le cinquantenaire de la Società Italiana per gli Studi di Lingua e Letteratura Francese.


Abstract
This study aims at considering the sociolinguistic issues related to some phonetic features observed in the reading of L’Homme et son image by La Fontaine by contemporary Paris speakers. It represents an attempt of a dialogue between linguistics and literature on the occasion of the festivities in commemoration of the 50th anniversary of the Società Italiana per gli Studi di Lingua e Letteratura Francese.

Introduction

Cet article se donne pour objectif de réfléchir aux enjeux sociolinguistiques de quelques aspects phonétiques observés dans la lecture de L’Homme et son image par des locuteurs parisiens contemporains.

Le sujet peut paraître pour le moins singulier. Il s’inscrit dans le cadre de la célébration du cinquantenaire de la Società Italiana per gli Studi di Lingua e Letteratura Francese, qui place le dialogue entre la linguistique et la littérature au cœur de sa mission. À cette occasion, les organisateurs de l’événement ont désiré soumettre cette fable, qui ne figure pas parmi les plus connues (et lues), à l’analyse croisée de quatre spécialistes, deux linguistes et deux littéraires. C’est dans cet esprit donc que nous avons relevé le défi de mettre notre oreille de phonéticien-sociolinguiste à l’écoute de La Fontaine, à travers la voix de quelques « lecteurs » parisiens d’aujourd’hui.

Après une réflexion introductive à propos du genre textuel de la lecture à autrui / récitation de poèmes et des contraintes socio-culturelles qui le caractérisent, nous présenterons le cadre théorique, le corpus de travail et donnerons les détails des analyses entreprises. Enfin, nous commenterons les résultats, en essayant d’approfondir les problématiques sociolinguistiques qui en découlent.

1. La lecture à autrui et l’analyse phonétique

Le genre textuel de la lecture à autrui / récitation de poèmes est un genre bien codifié à la fois d’un point de vue social et culturel, qui se caractérise par un fort pouvoir symbolique (BOURDIEU 1982). Il renvoie, en effet, à la « maîtrise » de la langue / du code écrit et convoque toutes les représentations linguistiques en lien avec le purisme et l’idéologie du standard1. Sans réelle surprise, la récitation de poèmes est aussi une activité incontournable dans l’apprentissage scolaire et constitue souvent le seul moyen de travailler l’« oral » en classe de français2.

Apprendre à lire / réciter un poème signifie maîtriser une lecture hautement codifiée et contraignante, si l’on s’en tient aux règles de la métrique classique : seuls des groupes prosodiques de 6 syllabes sont acceptés, dans le cas de l’alexandrin (vers de 12 syllabes, séparé par une césure en deux hémistiches), toutes les liaisons (catégoriques et variables) et tous les e-muets sont prononcés.

Ainsi conçue, la lecture à autrui s’avère un outil pédagogique (et socio-culturel) conforme à l’idéologie que nous venons de citer, censé véhiculer et inculquer le « bon usage », la « norme » de prononciation du français « cultivé » (BORREL & BILLIÈRES 1989). « Quand on joue du classique, on respecte le vers… », réplique vivement Fabrice Luchini, dans le film « Alceste à bicyclette », qui n’hésite pas à se livrer à un cours de correction phonétique à l’adresse de son comparse, Lambert Wilson3.

1.1 Un regard pragmatique sur la langue

Ces quelques remarques à propos de la lecture à autrui mettent en évidence le décalage entre certaines pratiques scolaires et la réalité de l’usage « ordinaire » de la langue (GADET 1997) et nous amènent, dans le sillage de la tradition allemande, à poser autrement le débat oral / écrit.

Partant d’un regard pragmatique, on peut appréhender une langue comme un ensemble d’actualisations s’organisant entre les deux pôles d’un continuum communicationnel que sont l’immédiat et la distance (KOCH & ŒSTERREICHER 2001). L’oral et l'écrit, souvent abusivement associés à l’informel et au formel, ne se distinguent que par le médium phonique et graphique. La distinction formel / informel relève, quant à elle, du conceptionnel, actualisé dans un continuum en fonction de paramètres, la modulation desquels conduit à construire les deux pôles de la proximité et de la distance communicationnelles.

La liste ci-dessous (Fig. 1) reproduit la gradation des formes communicatives allant du proche au distant sur le continuum communicationnel. La distinction domine l'opposition oral / écrit, et c'est pourquoi les genres répertoriés comportent à la fois des événements discursifs d'écrit et d'oral :

Paternostro Fig.1

Fig. 1 : Gradation des formes de langue dans le continuum communicationnel (adaptation de Koch & Œsterreicher, 2001: 585).
*La récitation de poèmes n’est pas présente dans le tableau original, mais elle pourrait tout à fait trouver sa place au pôle extrême de la distance.

La proximité et la distance communicationnelle se définissent comme l’appréhension des déterminants contextuels et situationnels, qui étant à la base de toute communication humaine influencent le comportement communicatif des interlocuteurs.

Dans une telle architecture langagière, le français standard ne peut plus être considéré, selon une vision idéologique, comme la langue de référence. Il est en revanche à considérer comme une variété « située » (GUERIN 2008), associée à l’idée de distance communicative et sélectionné lorsque des locuteurs interagissent sans pouvoir s’appuyer sur un ensemble commun de savoirs et d’expériences. C’est une langue « neutre », appropriée aux situations de communication marquées par la distance physique ou symbolique entre les partenaires de la communication (GUERIN 2008 : 2307-2308).

1.2 Le cas des parlers jeunes

Définir le français standard comme une variété neutre ne revient pas à dire qu’il s’agit d’une variété passe-partout. Il est en effet des situations de communication caractérisées par la proximité, où l’emploi de la forme standard ne serait pas pertinent ou même pourrait entraîner des problèmes.

L’accent de banlieue, par exemple, en tant que trait emblématique des parlers jeunes ne saurait se définir comme une variété non-standard - la forme standard ne constituant pas le centre de la description de l’architecture variationnelle du français - mais comme une forme ou une variété actualisée dans la proximité communicationnelle (PATERNOSTRO 2013).

Ainsi, un contour intonatif montant-descendant, souvent associé à un accent de banlieue, passe inaperçu lorsqu’il est produit en contexte « inhabituel » et ne s’accompagne pas d’autres indices considérés comme typiques des jeunes de banlieue (GADET & PATERNOSTRO 2013). Il ne constitue pas en réalité un phénomène spécifique à un accent ou à une population, mais l’effet d’un « cumul » de traits, en fonction de paramètres tels que la proximité ou l’implication des locuteurs en interaction.

Ce qu’on appelle communément la « langue des jeunes »4 est donc moins la marque d’une marginalité sociale et linguistique que l’emploi de modèles attestés et courants mais actualisés dans des contextes inattendus, utilisée pour marquer l’implication des locuteurs dans des situations « de proximité ».

2. Présentation des analyses et du corpus de travail

Parmi les traits phonétiques saillants, nous avons privilégié le phénomène de la liaison. Il constitue, en effet, un « indicateur sociolinguistique fort » (GADET 1997 : 71), en lien étroit avec le rapport oral / écrit, et joue un rôle central dans la récitation de poèmes (voir : supra)5.

La liaison, activation orale de consonnes latentes, constitue un indice (et un signe extérieur) de maîtrise du système orthographique. Mis à part les cas où la liaison remplit une fonction linguistique (i.e. morphologique), elle indique surtout la maîtrise du code écrit et de l’orthographe française. Elle est aussi susceptible de varier en fonction du contexte, de la situation de communication, des interlocuteurs, des objectifs de la communication, ce qui rend son étude encore plus intéressante d’un point de vue sociolinguistique6.

Delattre (1951) catégorise la liaison en fonction du caractère obligatoire, interdit et facultatif et explique son origine par des arguments à la fois historiques et pragmatiques : « la liaison est la survivance de quelques enchaînements de consonnes finales de l'ancien français [...]. [Elle] se fait dans la mesure où l'usage a consacré l'extrême étroitesse d'union de deux mots ou classes de mots ».

Une approche récente a opéré une reclassification plus descriptive de la liaison en« catégorique » et « variable »(DURAND & LYCHE 2008). Sur la base d’une quantité importante de données issues de corpus oraux francophones, ces auteurs ont observé que, contrairement à la catégorisation avancée par Delattre, la liaison est aujourd’hui catégorique dans seulement 4 contextes :

- Déterminant + nom : ex. un_enfant ;

- Pronom + verbe : ex. ils_ont ;

- Verbe + enclitique : ex. dit-il ;

- Mots composés et expressions figées : ex. de temps_en temps.

Nous verrons dans la troisième partie de notre étude si cette tendance à la réduction de contextes catégoriques relevée dans la parole ordinaire s’avère fondée et ceci même dans le cadre hyper-normé de la récitation de poèmes.

Notre corpus de travail comporte l’enregistrement de la lecture de L’homme et son image par 7 locuteurs Parisiens, 3 femmes et 4 hommes, d’âges divers, qui habitent différents arrondissements de la capitale ainsi que deux communes de la proche banlieue (Tab. 1)7. Parmi nos informateurs, Romain est un acteur professionnel, qui peut donc être considéré comme un locuteur expert. Nous utiliserons son enregistrement comme point de comparaison avec les productions des autres locuteurs / lecteurs non experts.

Paternostro tab.1

Tab. 1 : Corpus de travail

Les fichiers audio collectés ont été transcrits et alignés sous Praat (BOERSMA & WEENINK 2015). Quant au traitement des données, nous avons opté pour une annotation par « codage » (DETEY et al. 2014). Chaque occurrence de la liaison a été codée selon un codage alphanumérique, qui permet l’annotation à la fois des catégories morpho-syntaxiques du mot liaisonnant et du mot liaisonné et des réalisations phonétiques des consonnes de liaison : i.e. ils_ont > ils11_PRO_AUX_100_11_X_X_0 ont8.

Les données ainsi annotées, ont ensuite été comptabilisées avec Dolmen (EYCHENNE & PATERNOSTRO 2014), un logiciel de traitement automatique de corpus linguistiques. Des observations plus qualitatives portant sur les traits phonétiques « jeunes » et « populaires »9 actualisés par nos informateurs ont aussi accompagné le volet quantitatif.

Le texte de La Fontaine comporte 15 sites de liaison (Fig. 2), dont un seul de liaison catégorique (4 occurrences de déterminant + nom [DET_NOM])10.

Paternostro Fig.2

Fig. 2 : Détail des sites de liaison

Étant donné la distance communicative que présuppose le genre textuel de la récitation de poèmes, nous nous attendons à ce que :

  • Les locuteurs retenus pour notre expérience réalisent la quasi-totalité des liaisons présentes dans le texte. Non seulement les liaisons catégoriques, mais aussi un bon nombre de liaisons variables ;

  • Les traits de prononciations mobilisés ne comportent pas ou comportent peu de phénomènes relevant de la langue ordinaire, typiques des parlers jeunes et/ou du français populaire.

  • 3. Présentation et discussion des résultats

    3.1 L’acteur professionnel

    Comme il était prévisible, l’acteur professionnel réalise la quasi-totalité des liaisons catégoriques et variables (75%), à l’exception de la deuxième occurrence de miroirs_aux et de miroirs_éprouver. De plus, notre informateur remplace se trouve en par se trouvait_en, avec une liaison réalisée en [t], ce qui pourrait être interprété comme un lapsus hyper-correctif. Interrogé à propos de sa performance, l’acteur a affirmé essayer de trouver un compromis entre les niveaux de langue familier et soutenu, selon les conseils de l’ouvrage Dire le vers (MILNER & RENAULT 2008).

    3.2 Résultats tous informateurs confondus

    Contrairement aux réalisations de l’acteur professionnel, et malgré les contraintes dues au genre textuel et à la situation de communication favorisant une certaine « distance », on constate un nombre inférieur de liaisons réalisées chez les informateurs non experts (Tab. 2).

    Paternostro tab.2

    Tab. 2 : Taux de réalisation de la liaison par individu

    Si on exclut la performance de l’acteur, trois groupes principaux ressortent de la répartition des résultats par individu : les jeunes (avec un taux de liaisons réalisées de 50-60 %), les enfants (37,5%) et la femme adulte (31%). L’effet d’âge que semblent suggérer ces résultats nécessite sans doute d’être pondéré avec la différence de niveau d’études (les enfants sont en plein apprentissage de la récitation de poèmes par rapport aux jeunes qui sont plus avancés dans les études) et avec la pratique de ce genre d’exercice (la femme adulte n’a peut-être plus récité un poème depuis longtemps, contrairement aux informateurs qui sont encore dans le système scolaire). Le biais potentiel de la compétence de chaque informateur en lecture ne doit pas non plus être sous-estimé. L’analyse qualitative d’autres traits phonétiques pourrait peut-être mieux nous orienter dans l’interprétation des résultats.

    En ce qui concerne la répartition des résultats par catégories morpho-syntaxiques (Tab. 3), on remarque sans surprise que le seul contexte de liaison catégorique [DET_NOM] présent dans le texte est réalisé à 100% par tous les informateurs.

    Paternostro tab.3

    Tab. 3 : Taux de réalisation de la liaison par catégorie (tous informateurs confondus)

    Parmi les liaisons variables, on observe que le taux de réalisation dans c’est_un [AUX_DET] est de 100%, ce qui fait de la liaison en [t] la plus réalisée au sein de cette catégorie. La liaison dans sans_avoir [PRP_INF], considérée comme catégorique par DELATTRE (1951) mais exclue du classement contemporain de DURAND & LYCHE 2008, atteint un score de 86% : 6 informateurs (y compris les enfants) sur 7 la réalisent, hormis Danielle, la seule locutrice adulte. On souligne aussi le taux faible de réalisation dans mais_un [CON_DET] (29%), à peine plus élevé que dans yeux_irrités ou lieux_écartés [NOM_ADJ] (24%), qui sont, elles, des liaisons plus « typiques » dans la récitation de poèmes.

    Si on compare le taux de réalisation de la liaison variable en [t] et en [z] avec les résultats obtenus par une étude sur la liaison dans les livres-audio pour enfants (PUSTKA 2014),11 où on retrouve un score de 87% pour c’est et de 34% pour mais, on se rend compte qu’une même tendance se dessine, à savoir une baisse dans la réalisation de la liaison variable en [z] par rapport à celle en [t]. Cela pourrait suggérer une spécialisation de la liaison en [z], de plus en plus réservée à la fonction morphologique (i.e. marquage du pluriel). La liaison en [t] serait, elle, réservée à la catégorie variable.

    Enfin, on constate l’absence de liaison entre l’infinitif et la préposition [INF_PRP] et entre un nom pluriel et l’infinitif [NOM_INF], qui sont pourtant fréquentes dans la parole publique et dans les médias (LYCHE 2010).

    3.3 Autres traits phonétiques

    Parmi les autres traits phonétiques audibles dans les productions de nos informateurs, nous avons repéré l’affrication des occlusives dentales /t/ et /d/ devant les voyelles /i/ et /y/. Il s’agit d’un phénomène connu du français parisien (JAMIN 2005), qui constitue à la fois un indice de français jeune et populaire. Les trois items lexicaux susceptibles d’être affriqués dans notre texte sont : du (réalisé comme affriqué 57% des fois), aventure (87%) et ceinture (100%). Si l’on regarde au score d’affrication par individu, Isabelle, Charles, Joël et Danielle affriquent 100% des occurrences, suivis par Marco et Romain (66%) et par Audrey (33%). L’affrication apparaît donc un trait phonétique diffus, réalisé sans distinction d’âge ou de rôle social (même l’acteur en réalise !), qui trouve sa place dans le paysage sonore de la capitale.

    4. En guise de conclusion…

    Notre regard socio-phonétique porté sur la récitation de L’Homme et son image par des locuteurs Parisiens d’aujourd’hui semble suggérer deux pistes interprétatives principales :

  • la langue française semble tendre vers une « informalisation » (ARMSTRONG 2002) et une « proximité » accrue, ce qui s’inscrit dans la même tendance observée par LAKS (2014) dans la parole des hommes et femmes politiques (de moins en moins de liaisons sont réalisées dans les discours officiels, notamment chez les femmes politiques, s’approchant des réalisations moyennes de la langue ordinaire) ;

  • les traits de prononciations considérés comme typiques des parlers jeunes relèvent en réalité du français parisien populaire. L’accent des jeunes possède donc un caractère plutôt héréditaire : les traits anciens sont actualisés dans des contextes nouveaux et inattendus, donnant souvent l’impression (fausse) de l’« inouï ».

  • Ces résultats nécessitent néanmoins d’être interprétés avec la plus grande prudence, vu les particularités propres au genre de la lecture à autrui et à la fable de La Fontaine choisie par les organisateurs. La compétence en lecture – difficile à évaluer – doit nécessairement entrer en ligne de compte ainsi que les enjeux psycholinguistiques liés à cette tâche.

    On constate, certes, une baisse dans le taux de liaisons réalisées et une réduction des contextes catégoriques, mais on relève aussi qu’un noyau dur persiste, aussi bien pour la liaison catégorique que pour la variable, ce qui désamorce d‘emblée toutes prédictions catastrophistes. La langue française évolue, comme toute langue « vivante ».

    Pour terminer sur une note cinématographique et littéraire, nous espérons tout comme le film L’esquive12, qui met en scène des adolescents aux prises avec les marivaudages des Jeux de l’Amour et du Hasard, avoir réussi à montrer que le vers classique – loin d’être défiguré – en ressort rajeuni et enrichi par les sonorités contemporaines.

    Bibliographie

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    Notes

    ↑ 1 L’idéologie du standard identifie le français à la forme standard - la langue de référence, une et homogène -, censée être pratiquée par tous les locuteurs appartenant aux couches sociales cultivées et représentée principalement par l’écrit (GADET 2007 : 17-18).

    ↑ 2 Enseigner l’oral par l’écrit peut paraître paradoxal. Des efforts ont été faits ces dernières années pour fonder une véritable didactique de l’oral en français L1. Cependant, les genres formels et d’autres formes discursives « nobles », inspirés de l’écrit, sont encore souvent privilégiés. Voir : DOLZ & SCHNWEUWLY 1998.

    ↑ 3 Alceste à bicyclette est un film de Philippe Le Guay sorti en France en 2013 : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=204773.html (consulté le 5 mai 2015).

    ↑ 4 Pour une réflexion sur l’ambiguïté de la catégorisation « jeune », voir : Lamizet (2004) ; Guerin & Paternostro (2014).

    ↑ 5 Nous aurions pu, par exemple, étudier aussi le e-muet ou la prosodie. Cependant, vu les contraintes matérielles et temporelles, nous avons choisi de garder ces aspects pour des analyses ultérieures.

    ↑ 6 Un volume a récemment été consacré aux approches contemporaines de la liaison, sur la base de données authentiques tirées de corpus (SOUM-FAVARO et al. 2014). La liaison fait également l’objet de nombreuses études en didactique du FLE. Voir : RACINE (2014) pour une synthèse.

    ↑ 7 Nous remercions Rémi Godement-Berline, Emmanuelle Guerin, Maelenn Le Roux, Patricia Pérez et Sandrine Wachs, sans qui la collecte de ce corpus n’aurait jamais pu être établie.

    ↑ 8 Ce codage signifie que la liaison entre le pronom sujet pluriel et l’auxiliaire est réalisée. Nous avons adapté ce type de codage, initialement prévu pour des productions d’apprenants, aux réalisations de locuteurs francophones L1, ce qui fait que nous avons omis d’annoter la qualité de réalisation des consonnes déterminant la conformité de celles-ci à la cible phonologique.

    ↑ 9 Pour une problématisation de la frontière entre jeune et populaire, et plus globalement pour une réflexion sur la définition de populaire, voir : GADET 2007.

    ↑ 10 Voici la liste des autres sites : 1 occurrence de préposition + infinitif [PRP_INF], 3 de nom + adjectif [NOM_ADJ], 1 de adverbe + préposition [ADV_PRP], 2 de nom + préposition [NOM_PRP], 1 de infinitif + préposition [INF_PRP], 1 de nom + infinitif [NOM_INF], 1 de conjonction + déterminant [CON_DET], 1 de verbe + infinitif [VER_INF] et 1 de auxiliaire + déterminant [AUX_DET].

    ↑ 11 Les livres-audio et la lecture des parents constituent pour les enfants les inputs primordiaux pour la découverte et l’acquisition de la liaison, d’où l’intérêt d’étudier les premières réalisations auxquelles les enfants sont exposés.

    ↑ 12 Film d’Abdelattif Kechiche, sorti en 2004 : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=48230.html(consulté le 6 mai 2015).

    Pour citer cet article :

    Roberto Paternostro, À l’écoute de La Fontaine aujourd’hui. De quelques aspects socio-phonétiques de « L’Homme et son image », Une fable de La Fontaine au prisme de la critique, Publifarum, n. 24, pubblicato il 21/09/2015, consultato il 27/05/2017, url: http://publifarum.farum.it/ezine_articles.php?id=325

     

    Dipartimento di Lingue e Culture Moderne - Università di Genova
    Open Access Journal - ISSN électronique 1824-7482

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